mardi 23 novembre 2010

Memnon de Rhodes, celui qui défia Alexandre le Grand. Quatrième partie

Le résistant :


Comprenant qu’il ne pouvait absolument rien face à l’avancée furieuse de l’armée macédonienne en Asie, Memnon se retranche derrière les épaisses murailles de la cité côtière d’Halicarnasse. Se pensant en sécurité, après que les autorités de la cité lui eurent annoncé qu’Halicarnasse ne capitulerai pas, Memnon prépare l’impossible riposte. En général, il réorganise les défenses, fait consolider les murs de la ville, modernise la citadelle qui donne sur la mer et harangue les défenseurs de la cité.


- « Rien n’est bon avec Alexandre ! Il anéantira votre cité et vous avec ! »


Ses discours sont approuvés par les cris des soldats qui croient en la victoire.


- « Le Grand Roi, notre maître, prépare une armée qui détruira les macédoniens, et alors vous aurez acquis la gloire d’avoir résisté au plus terrible fléau de ce monde ! »


Rien n’est moins sûr. Alexandre est aux portes de la ville et Memnon n’a aucune nouvelle du Grand Roi qui est confortablement installé sur son trône à Persépolis. Pour ce dernier, Alexandre est encore trop loin et son armée est trop peu nombreuse pour l’inquiéter. Il est vrai qu’en quelques semaines, Darius III, peut réunir dit-on, des centaines de milliers de soldats qui viennent de quatre coins de son immense empire.


Memnon doit faire avec. Souvent il pense à son épouse Barsine et à sa fille, qui fuient quelque part en Anatolie (Turquie actuelle) en compagnie d’autres femmes de généraux Perses. Inquiet intérieurement, il ne laisse rien transparaitre, en bon général pour donner confiance à ses soldats. Prudent, il ordonne de construire une flotte de secours au cas où…


Alexandre donne l’assaut ! C’est bien trop tôt car la cité est loin d’être en mesure de repousser les terribles phalangistes macédoniens. Une brèche se fait dans la muraille par laquelle l’armée ennemie s’engouffre comme des fourmis entrant dans un terrier ! La pauvre garde mal-entraînée de la ville est détruite et Memnon doit se retrancher dans la citadelle avec le reste de ses contingents Perses et Grecs. Maudissant Alexandre, Memnon, du haut d’une tour de la citadelle, se tourne vers la mer - sa seule issue – et prenant à témoin les dieux, jure de contre-attaquer.

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