jeudi 14 octobre 2010

Riche comme Crésus


Nous vivons une période économique trouble. Entre les crises et « l’argent » dont on nous rabâche continuellement l’importance dans les divers médias, une question s’impose : qui a inventé cet outils à la fois formidable mais dangereux que l’homme désir tant ?

La Mésopotamie, d’où tout a commencé, n’avait pas de monnaie, au sens que nous donnons d’ordinaire à ce mot. Tout au plus les anciens mésopotamiens disposaient d’un système de paie assez archaïque mais qui a longtemps perduré. Il ne s’agissait pas, en l’occurrence de rondelles, mini-disques ou pastilles de métal précieux, or ou argent, voire cuivre, tels que nous les connaissons aujourd’hui grâce aux fouilles archéologiques. Les soi-disant « monnaies » de l’ancienne Mésopotamie n’étaient en fait que des lingots d’argent, tamponnés d’une marque distinguant son propriétaire.

Il faudra attendre le VIe siècle av. notre ère pour voir apparaître la première monnaie. Le premier inventeur est un souverain du royaume de Lydie (Anatolie occidentale) nommé Alyattes (610 - 560). Ce roi inventa la monnaie, un moyen plus simple, plus détaillé et plus sécurisé pour monnayer son commerce, les salaires et les offrandes. Ce génie monétaire absolu restera pourtant oublié, éclipsé par son fils le très célèbre Crésus. Richissime, sa cour à Sardes accueillait les plus grands penseurs et artistes de son époque et Crésus rayonnait sur le monde antique d’alors. Redouté pour sa puissance, il était tout autant admiré pour son immense générosité que lui permettaient ses immenses richesses. Il fit en particulier reconstruire le temple d’Artémis à Ephèse et fit porter au sanctuaire de Delphes une quantité inimaginable d'offrandes.

C’est à Crésus que l’on doit deux célèbres expressions modernes : Riche comme Crésus (désignant son immense richesse) et Toucher le pactole (du nom Pactole, fleuve riche en or d’où les souverains de Lydie puisaient leur richesse). On pourrait ajouter l’argent ne fait pas le bonheur (mais il y contribue), en référence à l’intervention du législateur et intellectuel grec Solon, qui devant le trésor de Crésus aurait prophétisé « N'appelons personne heureux avant sa mort ».

En effet, défait par le grand Cyrus, roi des Perses, Crésus doit payer de sa personne son arrogance face au Grand Roi en mourant sur un grand bûcher. Comprenant enfin les paroles du vieux philosophe grec, Crésus se serait exclamé « Ô Solon, Solon ! ». Cette parole, remarquée par Cyrus, lui sauva la vie : dès qu'il eut expliqué au vainqueur ce qui le faisait parler ainsi, Cyrus, frappé de l'instabilité des choses humaines, lui octroya le droit de vivre. Il le garda auprès de lui comme conseillé et ami et l'honora même de sa confiance.

Ce qui me fait terminer par cette citation du célèbre Socrate : « Un trésor de belles maximes est préférable à un amas de richesses ».

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