samedi 11 septembre 2010

Il y a 2500 ans... Marathon


En cette année 2010, nous commémorons les 2500 ans de la très célèbre bataille de Marathon. Le 12 septembre 490 avant notre ère, les armées athéniennes aidées de troupes venant de la cité de Platée affligeaient une « terrible » défaite aux armées perses du grand Darius. Pour un événement historique exceptionnel, le site de l’histoire ne pouvait passer à côté. A mon sens, il faut redonner à la bataille de Marathon son véritable sens. Aujourd’hui, elle apparaît à travers l’enseignement et la culture populaire ni plus ni moins comme la première grande victoire de la toute jeune culture occidentale, ou si vous préférez l’Europe, contre l’orient des grands rois et des cultures millénaires.

Afin de mieux appréhender l’événement, il faut le remettre dans son contexte et étudier les sources et les récits des deux parties car la principale source que nous ayons est Hérodote. L’empire Perse est à cette période le plus grand empire du monde et s’étend de l’Indus à la Thrace, incorporant la Mésopotamie, l’Egypte, le Levant et l’Anatolie. La Grèce… n’existe pas ! Il s’agit en fait de nombreuses cités, indépendantes les unes les autres, partageant la même culture mais qui ne s’entendent pas. Sparte et Athènes se partageront l’hégémonie du territoire grec jusqu’à l’avènement de la puissance macédonienne de Philippe II (382-336) et d’Alexandre le Grand (356-323).

L’Anatolie, de culture grecque, s’ayant révolté par l’intermédiaire de la cité de Milet contre le pouvoir royal perse, est vite châtiée de sa témérité, mais c’est l’aide apportée aux cités anatoliennes par des cités grecques – dont Athènes – qui choque Darius. Afin de mieux haïr Athènes, le Grand Roi demande à ses serviteurs de lui répéter plusieurs fois par repas « Maître, souviens-toi des Athéniens ».

Après avoir conquis les îles de la mer Egée, Darius lâche ses troupes sur le Grèce qui détruisent plusieurs cités telle Erétrie et l’expédition est un succès. Puis vient Marathon ! Là, nous racontent les sources grecques (Hérodote), les athéniens infligent une terrible défaite aux perses sur la plaine du même nom. L’histoire retiendra l'héroïsation des soldats tombés pendant la bataille, la fuite perse et les courses d’Euclès et Phidippidès qui coururent respectivement 40 et 240 kilomètres, le premier pour prévenir Athènes de la victoire, l’autre prévenir Sparte du débarquement des Perses.

Qu’en pensent les perses ? Là, l’histoire est paradoxale ! Darius n’est en rien abattu par une défaite qu’il considère mineure puisque l’essentiel de l’expédition reste un succès : la domination de la mer Egée.

Le pouvoir historique de la bataille de Marathon – petite bataille – réside plus dans l’avènement de la puissance Athénienne et de la culture grecque dans l’Histoire. Avant l’aide apportée par les athéniens à Milet, Darius ne connaissait pas Athènes !

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