jeudi 2 septembre 2010

Festin préhistorique.


Des archéologues ont découvert il y a peu des indices de la tenue d'un festin datant d'environ 12 000 ans, soit avant le début de l'agriculture (environ 8000-7000 av notre ère), dans une grotte en Galilée, dans le Nord-Est d'Israël.

Il est certain que l’homme, depuis sa genèse, a bien réalisé des festins d’animaux, mais nous n’en avions pas la preuve sur le terrain. Par festin, nous entendons une réunion d’un certain nombre de personnes qui partagent une grande quantité de denrées alimentaires.

Cette découverte nous amène à faire plusieurs hypothèses assez intéressantes. Nous savons qu’à cette période, l’homme est en cours de sédentarisation mais qu’il est encore nomade, prédateur, cueilleur et qu’il se déplace encore très majoritairement en petits groupes (plusieurs dizaines de personnes tout au plus). Aussi, s’agissait-il d’un même groupe de personnes ou bien la rencontre de plusieurs ? Le festin serait alors un moyen de communion, fêtée par un échange de nourriture en grande quantité – un festin !

Il existe des lieux datant de la fin du paléolithique et du début du néolithique (environ 10 000 – 9000 av. notre ère), où les hommes de différents groupes se retrouvaient délibérément, ce qui donnait lieu à des fêtes similaires. Ces rencontres devenaient alors si importantes qu’elles prirent une tournure religieuse (chamanique ?). Des temples pouvaient même être bâtis (Göbekli Tepe). En effet, outre la nourriture, les hommes devaient s’adonner à des pratiques d’ordre sexuelles dont le but était d’éviter la consanguinité. Un groupe vivant en autarcie était voué à l’extinction au bout de quelques générations. Cette précaution est la preuve que ces groupes de personnes pouvaient avoir une histoire longue de plusieurs centaines d’années et qu’une mémoire et un enseignement traversaient les âges. Hypothèse qui me paraît plausible et passionnante. On passerait du terme générique de groupe à celui de communauté !

Toutefois en archéologie, tout va très vite. La suite de la découverte laisse à penser que la raison de cette « réunion » avait d’autres issues, car, outre les restes d'au moins soixante et onze tortues et de trois autres animaux sauvages - une densité inhabituellement élevée pour cette période - les restes d’une vielle femme ont également été mis au jour. Le trou creusé était donc une sépulture. Les restes, ossements et carapaces, ont été disposés de manière rituelle entourant la vielle femme. Le festin a probablement été l’occasion de funérailles.
35 personnes – au minimum – ont assisté à ce « régal » mortuaire.

Cela ne vous donne pas faim ?

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