lundi 2 août 2010

Le débat sur l'identité nationale ne date pas d'aujourd'hui

Le débat porté par le gouvernement sur l'identité nationale ne date pas de cette année. Déjà les juristes du XVIe siècle se posent la question de ce qu'être Français signifie.

Les guerres de religion ont plongé le royaume de France dans de terribles luttes internes. La société semble se désagréger. Les plus vénérables institutions à savoir la couronne, l'Eglise et l'Université de Paris sans cesse critiquées et attaquées, ne remplissent plus leur rôle d'union. Il semble vital aux magistrats de trouver des éléments permettant aux "Français" de se sentir unis, afin d'éviter que le pays devienne la proie de ses ennemis.
La France ne peut se définir par sa langue. Par l'Edit de Villers-cotterêts, la langue française s'est imposée dans les actes juridiques. Néanmoins, elle reste concurrencée par le latin dans les milieux intellectuels et par les différents patois régionaux au sein de la population. Seule la religion semblait être le lien le plus fort. Seulement avec le développement de la Réforme, le catholicisme n'est plus la religion de la totalité des Français. De plus pour la première fois, elle touche une large partie de la noblesse.

Alors, quels éléments sont les plus à même de recréer cette unité vacillante ? Les magistrats férus d'histoire, y ont vu le meilleur moyen pour réaliser cet objectif. Il convient de montrer l'originalité de la France par rapport aux autres puissances européennes. Les membres de la robe ont eu à coeur de renforcer la monarchie. La nation ne peut s'incarner que dans la personne royale. Ainsi être Français, c'est être sujet du roi de France. L'étranger devient celui né à l'extérieur des frontières du royaume et plus celui n'habitant pas la ville.

Les protestants se sont emparés de ce concept et se définissent comme sujet du roi de France. Seule la notion de français permet l'oubli des conflits religieux, par la mobilité spatiale. Par exemple, un protestant résidant à Lyon peut s'installer dans une autre ville dans laquelle il n'est pas connu pour sa religion.

La notion de Français du XVIe siècle a permis d'opérer une distinction entre l'Etat et l'Eglise, entre le sujet et le fidèle. Un protestant est un hérétique, mais demeure un citoyen possédant les mêmes droits. Cette notion a également favorisé le renforcement de la monarchie. Le roi étant la France et la nation.

article de Benjamin Sacchelli

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