samedi 7 août 2010

Charlemagne n'a pas inventé l'école!!! Dernière partie


Très important en guise de conclusion pour cette dernière partie consacrée à la première école de l'humanité, le programme scolaire!

Le programme scolaire et les matières enseignées :

Plus intéressant encore que ces milliers de « cahiers » de recopiages, nous possédons en outre des allusions et des évocations des scribes/enseignants dans le contenu de plusieurs tablettes, qui nous renseignent ainsi sur les plus anciens programmes scolaires de l’humanité et à ses finalités. A ses débuts, l’école sumérienne n’avait pour vocation que de former une élite professionnelle de scribes qui travailleraient dans les bureaux d’affaires, de gestions et d’administrations des temples et des palais.

Vers la moitié du III millénaire, la langue sumérienne se perfectionna, puis la langue akkadienne, qui s’en inspirait, apparue avec le grand empire de Sargon d’Akkad. Plus tard, à la fin du IIIe millénaire, qui coïncide avec la fin de l’histoire sumérienne, la langue akkadienne se divisa en deux idiomes, le babylonien au sud et l’assyrien au nord. Tous ces bouleversements s’accompagnèrent d’une refonte du système éducatif. Peu à peu l’écriture devint un formidable moyen de culture. En effet, les mythes anciens et les histoires des peuples, qui se transmettaient jusqu’alors par la voie de l’oralité, furent retranscrits par écrit. L’école devint alors un établissement où les grandes œuvres furent d’abord couchées sur les tablettes, puis recopiées pour être enfin diffusées et étudiées pour notre plus grand bonheur, nous qui pouvons aujourd’hui à notre tour les lire. Les sumériens étaient également de grands scientifiques qui étudiaient autant les astres que la terre, les mathématiques que la géométrie. Aussi l’écrit apporta le moyen de traiter des théories et d’établir des plans architecturaux en vue de grandes constructions.

La profession de scribes s’en trouva par là même transformée. Le scribe, qui n’était jusqu’alors que comptable, ou dans le meilleur cas diplomate ou secrétaire du palais, pouvait être à présent littéraire ou scientifique, spécialisé dans un domaine particulier. Par ce biais, l’école élargit sa palette de matières à enseigner et contribua ainsi au rayonnement intellectuel et scientifique de Sumer au cours du IIIe millénaire.

L’école sumérienne nous paraît étonnamment moderne avec son organisation et son personnel. Ce qui diffère avec l’école d’aujourd’hui est le mode d’enseignement et les finalités de l’apprentissage que recevaient les élèves. En effet, si les cours étaient difficiles et la discipline excessivement sévère, les élèves en sortaient avec une formation qui leur permettait d’aspirer aux plus hautes fonctions. Enfin, l’école sumérienne a connu de profonds bouleversements idéologiques et pédagogiques. D’une simple école de formation de fonctionnaires voués aux administrations des grands pôles économiques des cités, elle est devenue au fil du temps une l’école vouée à l’étude des sciences et de la littérature.

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